P.P.P. N.O.

En cette période troublée où les agences de notation nous font trembler, où le couple "Mer-kosi" squatte tous les jours notre télé, je vous propose, amis financiers, un plan béton, un P.P.P. de derrière les fagots, qui vous fera oublier, c'est là tout l'intérêt, le A.A.A., les plans B.B.B., la dégradation, la sortie de la zone euro et j'en passe…

Le P.P.P. N.O. 2012, en langage clair, Pascal Pinaud Peintre chez Nathalie Obadia en janvier est une valeur sûre, un morceau de roi, une fève sur la couronne !

Vous découvrirez, si ce n'est déjà fait, les différentes facettes d'un artiste qui, depuis plus de vingt ans, expose ses œuvres aux quatre coins du monde. Des rétrospectives au Mamco de Genève et au musée de Saint-Etienne ont salué sa trajectoire et de grandes collections publiques ou privées accueillent ses "laques automobiles sur tôle", ses "Test'art", et ses dessins.

De son intérêt pour Marcel Duchamp, Picabia, Armleder et tant d'autres, de ses rencontres à la Villa Arson où, étudiant, il est devenu professeur, ce curieux de l'artisanat bien fait, de l'objet manufacturé, a su se nourrir du monde qui l'entoure. Il a fouiné chez les brocanteurs des assiettes de grand-mère, a déniché au Marché saint-Pierre des tissus improbables et a découvert, en traînant chez les carrossiers des trésors insoupçonnés. Il a su, enfin, rendre hommage à ces professionnels en leur délégant, mais sous sa dictée, la réalisation d'une partie de ses œuvres, une sorte de "ready-made du savoir-faire".
La cohérence des propositions au fil du temps est étonnante. Les différentes séries, loin de s'opposer les unes aux autres, s'articulent avec aisance.

Je pourrais, comme sur un site, vous décrire l'exposition mais il me semble que pour Pascal Pinaud, le premier contact doit être visuel : je vous imagine, chanceux que vous êtes, poussant la porte de la galerie, jeter un regard rapide et circulaire pour vous rassurer et puis, de pièce en pièce, découvrir la beauté cachée et la finesse de ses créations.

Ah ! le P.P.P. nouveau a de la teneur au cœur !

Roland Botrel, collectionneur
janvier 2012
Article écrit à l'origine pour un journal économique